J’ai testé Google Wave : premières impressions

wave visuTout le monde ou presque a entendu parler de Google Wave. Ce projet applicatif de fusion du mail, de la messagerie, et du collaboratif a été annoncé par la firme américaine depuis mai dernier. Mais le buzz n’est vraiment parti que depuis fin septembre/début octobre, avec le lancement des invitations restreintes (100.000 dans le monde) puis leur diffusion virale. On en a même vendu sur eBay, rapporte News.com!

Parmi les dizaines de propositions d’invitations « G Wave » que j’ai vues circuler sur Twitter, pas de chance, aucune ne s’était concrétisée malgré mes réponses rapides. Aucune sauf cette semaine… celle de @greggythefly, autrement nommé Grégoire Fournel, que je remercie bien au passage. Grâce à lui, ça y est, « j’en suis », je rentre dans le Cercle, au coeur du sujet hype du moment. Aussi, en remerciement et comme contribution, j’ai décidé de livrer ici mes premières impressions, à chaud, tout pendant que je « test & learn » comme on dit.

Au démarrage, l’aventure se matérialise en effet par un mail d’invitation, avec un lien pointant vers une adresse « wave.google.com ». Je dois y rentrer mes identifiants GMail (j’en suis membre depuis 2005, grâce à… l’invitation d’une ex-collègue chez ZDNet.fr -décidément c’est une manie chez Google- Estelle Dumout). Et après, boum, le tableau de bord de Google Wave s’affiche, tel quel (voir ci-dessous), avec ce grand vide blanc au milieu, ce qui est un peu décontenançant…

L'écran de GWave, juste à l'ouverture : à remplir!

L'écran de GWave, juste à l'ouverture : à remplir!

Après, se pose la question de savoir quoi faire, même si l’on devine spontanément qu’il s’agit bien de mixer mails et autres « bidules » de communication 2.0. Je mets un moment à trouver le lien « tutoriel » où il faut cliquer, afficher dans la boîte « InBox » pourtant juste sous mes yeux. Se lance à droite de mon écran une vidéo hébergée sur YouTube, avec le « Dr Wave » : un Google-boy d’Australie qui joue le professeur Nimbus, déguisé comme tel, pour m’accompagner dans le voyage. Il relaye vers de très courtes vidéos en mode screencast, où je découvre les fonctions basiques : créer une wave, répondre dans une wave, éditer une wave… Au bout d’un moment, je comprends mieux le sens de mélange mail et message instantané, dans un seul et même flux. Ici on l’appelle la « wave » : ailleurs on aurait pu le nommer la « vibe », le « buzz », le « flow », le « mood », etc. Une terminologie caractéristique de cette masse d’informations circulant désormais sur le web, et qu’il s’agit de prendre en totalité plutôt que de façon parcellisée, compartimentée. L’on peut d’ailleurs modifier le tout, en groupe, ou plutôt en grappe de contacts à la façon des réseaux en ligne. De fait on manipule des sortes de mini hub, de mini réseaux de conversation, chaque membre y cliquouillant en même temps.

Lors de mon test mardi soir, il était tard, mais je suis parvenu à croiser dans mes « contacts » Steven Jambot, étudiant en journalisme très investi sur les réseaux, avec qui j’ai pu pratiquer en « live » cette fonction mail+messeng+modifications temps réel. Nous convenions alors tous deux qu’elle est assez déstabilisante pour un néophyte. Comme me le dit Steven par ses propres mots « C’est encore pire que le chat (…) la lecture/écriture simultanée est sur plusieurs niveaux« . A deux en effet, on se crispe rapidement à tenter de « voir où ça change », tout en lisant et en pensant à ses réponses! Alors à cinq, ou dix… Je me souviens alors de ce même sentiment que j’avais ressenti, en entrant dans l’univers GMail. A l’époque (2005), les mails classés en fils de discussions, c’était aussi novateur et très déconcertant… Et puis après, on s’y est habitué jusqu’à avoir du mal à revenir à des interfaces plus « classiques », ou même dans un client Outlook ou Thunderbird.

Les autres vidéos tutoriel me montrent les fonctions plus évoluées. Dont la fonction « playback », qui semble de prime abord assez géniale : pouvoir revoir le déroulé archivé de toute l’écriture et des modifications d’une wave, point par point. Mais elle enfonce le clou sur deux remarques que je me fais, sur ses éventuels défauts en rapport au monde de l’entreprise :

  • l’hyper communication : alors que beaucoup d’études soulignent la perte de productivité des travailleurs qui mailent, font des SMS, réseautent, tweetent, etc, Google Wave nous attache encore plus au sein du message et de sa vie perçue en temps réel. Trop de message… tue t-il le message de qualité?
  • la spécialisation : de prime abord, Google Wave correspondrait bien aux besoins d’équipes projet éclatées géographiquement, et travaillant dans les services, l’immatériel, les mondes numériques… Elle me rappelle d’ailleurs une application de chez Adobe vue en démo vers 2004, et dédiée uniquement à la gestion de projets web.

In fine, je constate comme effet concret, qu’au bout d’une heure, mon navigateur Firefox est anormalement lent, même en refermant plusieurs onglets pour n’en laisser que cinq… Puis quand je me décide, après une heure de test, à refermer Google Wave, ouf, le navigateur retrouve sa vélocité normale. Drôle d’effet collatéral indiquant peut être une forte consommation de ressources…

Pour prolonger :

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Commentaires

  1. Eric dit:

    Je ne vois pas trop l’intérêt de ce truc! J’ai ouvert, et s’il faut lire 50 pages de notice pour s’en servir, j’abandonne.


  2. laurent dupin dit:

    Je comprends parfaitement ce ressenti Eric. En effet, sans se faire violence pour avancer dans l’application et sa mécanique, on risque de décrocher rapidement. Mais il faut aussi « donner du temps au temps », l’application n’est qu’en « preview » encore, et se dit « ouverte », prête aux évolutions. Peut-être que Google Wave 2010, ne ressemblera en rien à son lancement en 2009…


  3. Eric dit:

    Ça sert à quoi?

    Si c’est un outil collaboratif, alors j’attendrai d’avoir une équipe!


  4. Georges PÉCONTAL dit:

    J’ai commencé un chouillat avant Laurent : je suis un des heureux élus par la google team.
    Pour le moment, le seul navigateur à encaisser, c’est safari mais ça bouffe de la ressource.
    J’ai partagé des plugins (une partie de Sudoku ;D) et fait du « chat en salon ».
    Pour le moment, pas encore de travail en commun sur des docs lourds (excel, word, powerpoint) mais dès que je peux, je tente !
    C’est vrai que le principe RTFM est impératif :D


  5. laurent dupin dit:

    Safari seul support possible de GWave? Marrant ;-) Reste donc soit à l’alléger, soit à muscler sa motorisation informatique… Et ça, ça n’est pas écrit dans la phase RTFM ;-)


  6. Antoine dit:

    Le navigateur de Google (Chrome) utilise le webkit de Safari… pas si étonnant que ce soit optimisé pour Safari du coup… ça veut aussi dire que c’est optimisé pour Chrome, le navigateur maison :)


  7. Antoine MALLET dit:

    C’est si simple que ça que de faire du BUZZ ? restreindre l’accès au service ?

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    Votre boutique en ligne pour 49 €/mois : http://www.viadeo.com/fr/profile/antoine.e-commerce
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  8. David dit:

    Ce n’est pas par hasard si Google veut standardiser la compression HTTP, quitte à la « donner » à la concurrence.

    J’ai ressenti également la même impression qu’avec Gmail au départ, et finalement, je vais avoir du mal a m’en passer très bientôt, je ressens déjà les premiers picotements …


  9. laurent dupin dit:

    Ah ah! Des picotements? Pouvez-vous nous en dire plus David? Qu’est-ce qui vous picote dans l’éventuel usage régulier de GWave? Vous l’avez déjà utilisé dans des contextes pro et opérationnel?
    Moi, pour l’heure, j’avoue, non.


  10. Antoine Olbrechts dit:

    Héhé on dirait que je ne suis pas le seul à avoir cet avis sur Google Wave ;-)

    http://antoine.olbrechts.eu/blog/qu-en-est-il-vraiment-de-google-wave/


  11. Pingback: ID universel | Viadeo Blog

  12. laurent dupin dit:

    Alors, Antoine, vous y êtes retourné finalement dans Google Wave? ;-) Moi non, j’avoue.
    J’y vais là, en //, et découvre… une Wave qui s’est faite sans moi, sur mon espace! Et dedans, un ancien collègue chez CNet, Julien, qui a l’analyse pertinente sur la chose : « moi j’aime bien ce coté « on fout n’importe quoi n’importe où, de la vidéo des photos, du son, en haut, en bas , en réponse ou en sujet… ». Le grand bazar quoi!


  13. Pingback: “Accessoirement, se mettre volontairement off” | Viadeo Blog

  14. Raoul dit:

    Personnellement, j’ai essayer et j’ai pas trouvé ça exceptionnel il faut avoir un sacré réseau présent sur GWave pour y trouvé un intérêt quelconque. Bref pour ceux qui serraient intéressé par l’expérience je donne des invitation à qui veux ici :
    http://www.joabois.0fees.net/?p=229


  15. Pingback: Des poissons à la sauce usages high tech | Viadeo Blog

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