LeWeb’09 : but where’s the money?

chad YT

Chad Hurley, patron de YouTube, esquivait les chiffres financiers...

LEWEB’09 – C’est une question qui m’a littéralement sauté aux oreilles hier, quand Loïc Le Meur l’a posée à Chad Hurley, le patron de YouTube. Malgré son insistance et pour une société existant depuis 2005, on a pas pu savoir quel était le montant de son chiffre d’affaires sur 2009… Ce alors que les estimations sur 2008 étaient dites décevantes pour Google, qui avait racheté le site en 2006.

Même légèreté dans les propos de Jack Dorsey, rapportés par La Tribune du 9/12 : « On trouvera bien un moyen de monétiser Twitter« . Ce juste après avoir mis en avant le cap de l’innovation, qui semble donc prioritaire. La logique des start-ups de 2009 serait-elle donc, comme au temps de la première nouvelle économie, de brûler les énormes levées de fond qu’elles ont su attirer? Dans le cas de Twitter, pour rappel, c’est tout de même 100 millions de dollars à la dernière levée, après une levée de 35 millions de dollars au début 2009.

Une question de mécanisme

Le lendemain, lors du Twitter Apps Panel (un plateau des start-ups ayant développé des solutions sur Twitter), même problème. La question de l’animateur Louis Gray, du Paladin Advisors Group, pourtant très directe « where is the money?« , n’a pas trouvé beaucoup d’échos. L’une des sociétés présentes a même indiqué que « ça n’a pas du tout été l’objectif au départ du projet« . Et que « monétiser un site passe par l’extérieur, par la publicité, des partenariats, etc« . Comprendre : rien qui ne soit directement intégré au mécanisme du site. Chez certains, en effet, on est pas loin de la philosophie des logiciels libres. Et sans forcément d’approche services (au sens des sociétés de services promues par la FNILL) qui puissent engendrer du revenu.

J’ai moi-même posé la question lors d’un autre débat portant sur l’e-commerce à l’ère du real time web. La talentueuse animatrice Catherine Barba, arrivait bien à tirer la substantifique moelle des propos des intervenants, parfois en reformulant leur concept stratégique… Mais quand est-il de directement faire du business, à même le dispositif d’un réseau social? Clairement, consommer et acheter dessus. Une question saugrenue, voire vulgaire? Pour Thilo Bender, VP de la société Otto, le SN demeure « un ajout de valeur« , quelque chose qui enrichit les canaux existants de la relation client. Pour la société Zappos, on avoue plus simplement que « on ne le fait pas car les outils ne sont pas assez développés techniquement pour cela« . Mazette, on est donc pas prêt de le voir apparaître ce simple bouton « buy » sur nos réseaux sociaux favoris…

Pour prolonger :

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Commentaires

  1. Christian Renard dit:

    Même point de vue dans les « booths » @leweb. « Il faut attendre pour choisir un modèle de monétisation ». Tout se passe comme si des changements massifs se préparaient -et c’est le cas. et Il est donc plus important de se connecter tous azimuts, que de choisir un modèle maintenant. On peut penser que c’est la capacité d’amplification qui fera gagner de l’argent. Quand Tony Hsieh se définit comme un « fournisseur de bonheur prêt à partager ses recettes avec le monde entier », il trouve un canal d’amplification porteur qui devrait avoir à terme des retombées concrètes pour Zappos et sa bottom line .


  2. laurent dupin dit:

    Oui Christian, bien vu. On dirait que l’on procède en 2009 comme s’il n’y avait pas eu déjà une « nouvelle économie », déjà une bulle des start-ups explosée, et déjà une crise financière mondiale…
    Question : cela cache t-il une légèreté suicidaire dans le montage des projets? ou leur incapacité à créer des cash machines concrètes?


  3. Marc JESTIN axelere dit:

    Bonjour,

    J’aime beaucoup vos articles Laurent et j’en profite pour le dire ici : justesse de ton, décalage par rapport aux grands discours (souvent creux, comme dirait Craig cf. Craig Newmark — « Le Web 2.0 est un concept marketing creux », ou très « faux » selon moi).
    J’apprécie, donc, même si je pourrais me laisser aller à souhaiter voir se développer un sens aigu de l’auto-critique à l’égard d’un acteur des outils de RSPs sur le Net ;-)

    Sur le sujet que vous osez traiter : Il me semble qu’il y a pas mal de tout et n’importe quoi et parfois, du Grand Art.

    Ce qui est certain, c’est qu’il est très compliqué de sortir des « Business Models » dans un monde où :
    — Tout se sait et tout se dit (c’est ce que certains veulent nous faire croire en tous cas ^^) ;
    — Tout est possible, même de voir arriver un confrère qui fait tout mieux et « à l’oeil » ;
    — Il vaut mieux faire du ludique, du ‘marrant’ que de l’efficace pour qu’on parle de vous… Il arrive même qu’un truc navrant de pauvreté de concept soit élu LE mot de l’année.

    Il semble en effet qu’il y ait des financiers qui ne vont pas chercher un Business Model sérieux avec des PROFITS à l’arrivée, il convient de se demander plus finement « à qui profite le crime ? »…
    Ou alors, où ont ils mis les autres oeufs ?

    J’adorerais avoir les réponses à ces questions.
    Tout en étant convaincu d’une chose : Si j’étais dans le business et que je dispose de ces clefs, je doute que je les mettrais à disposition de tout le monde et n’importe qui :
    1. une majorité incapables de comprendre et maîtriser ;
    2. une « grosse moyenne » capables de répandre des rumeurs et mauvaises interprétations ;
    3. et tous ces suiveurs qui cherchent à copier coller un truc de plus.

    Pensez-y également.

    Au plaisir,

    Marc


  4. laurent dupin dit:

    Promis Marc, l’auto-critique, je pratique déjà ;-) Même si usage intensif des RSP par ailleurs, j’avoue.

    Pour le reste, oui, on peut penser que ceux qui tiennent la recette vont la garder pour eux… Mais alors ça en ferait beaucoup qui pratiquent en même temps le même sport! Et aucun expert, conseiller, éminence grise, entourage… pour lâcher le morceau?

    Je pense plutôt que c’est une pratique commune que de développer des sociétés sur des levées de fond, épuiser ces levées, puis passer à autre chose une fois le matelas réduit.


  5. Duc.B dit:

    Zut, fallait surtout pas poser la question  » where is the money « , les sociétes éditrices des solutions, services, pour le web, se frottent les mains,…qui ont vendu des sites, des ssii, des web agency,…heureusement qu’il y a aussi du monde WEB LIBRE !!!

    On est bien à l’heure de pionnier jusqu’en début 2010 ?.

    Encore une exception qui confirme la règle. Les pionniers sont des rares de personnes qui font des fortunes en WEB (et sont devenus exceptionnels comme en temoigne LeWEB09, et pour d’autres très peu survivent non ? et encore pour entreprenaute c’est encore plus difficile ?

    Pour revenir à votre actualité du Web 09. Ou devrait on dit Fin du bilan 2009 de Web 2.0 commence le Web de demain 2010 ?.

    Des nouvelles de notre cellule de veille ont apercu que la tendance devient les services SaaS sur le Web. Des offres premiums « PAYANT ».

    Deezer; Les editeurs de presse américains ; tout ca à cause de « T » de « fb » qui chercheraient à devenir des mastodome comme BIG G ?…

    Le monde d’Internet va devenir du payant c’est INEVITABLE (phrase célèbre de l’AgenT Smith dans Triologie Matrix).

    Et si on RESET LE WEB 2.0 pour Installer un WEB 3.0 ? Telle en serait la voie de TWITTER service SaaS trop cool ! @ VOUS !


  6. laurent dupin dit:

    Merci Duc [en disant cela, j'ai un peu l'impression d'être New-York 1997 ;-) ...], pour votre long commentaire. Beaucoup d’idées dedans.
    Pour en retenir une : je ne crois pas que le web 3.0 puisse percer comme concept. Certains ont déjà tenté de le formaliser dès 2007… sans succès. On atteint les limites des méthodes marketing tirées de l’informatique logicielle, avec succession de « point quelque chose », pour faire toujours plus moderne et nouveau.


  7. florian dit:

    un petit commentaire opour te dire qu’il est paritculièrement réjouissant de lire ton blog.


  8. Pingback: LeWeb 2011 : 5 ans déjà… | Le WebLab Solutions

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