Il est des paradoxes sévères dans la vie du business et l’usage des nouvelles technologies. Comme cette histoire de « lip dub« , communication vidéo légère et détendue des entreprises, en boom en pleine crise économique. Taxé de phénomène de société et auréolé d’un sujet sur TF1 à heures de grande écoute, d’où vient-il exactement? Pourquoi lip-dubbe t-on en 2010? Mobilisation des éléments disponibles…
Le sujet diffusé hier soir dimanche à « 7 à 8 » sur TF1 étant intéressant et exaspérant. Intéressant pour quelques exemples bien représentatifs du concept lip dub; exaspérant par son côté elliptique et superficiel. Origine? Formes? Chiffres? Enjeux? On aura rien eu d’expliqué sur ce « phénomène » de société. Et pourtant, les faits sont parlants.
Le lip-dub tient son succès à plusieurs phénomènes combinés :
technologique : démocratisation des petites caméras embarquées, des fonctions vidéo des smartphones et des solutions de montage logicielles; augmentation des capacités de stockage de fichiers, etc.- web : démocratisation des solutions de diffusion en ligne (YouTube, DailyMotion…).
- social : crispation due à la crise économique et au chômage, expliquant ce besoin de soupape, de « déconne » en groupe. Pour conjurer le sort?
Ce que l’on sait de lui :
- son origine : d’après Wikipedia, le mot nous vient d’un certain Jakob Lodwick (fondateur de Vimeo, service de vidéo en ligne) et le média s’est développé dans le monde anglo-saxon d’abord, depuis 2006-07.
- sa forme : un remake de clip vidéo, tourné en play back vocal et la plupart du temps en un seul plan séquence (une visite des services d’une entreprise, ou des postes clés).
- son coût : 15.000 euros avancés pour le lip dub du magasin rennais montré sur TF1 (avec une équipe de pro cela dit); 400 euros pour un célèbre lip dub politique, 3.500 à 15.000 euros précise cette agence; bref, un éventail large, selon la qualité voulue et l’organisation choisie…
- son aura : une requête « lip dub » tombe 2,85 millions de pages sur Google, 4690 résultats sur YouTube, 1090 résultats sur Vimeo.
- ses succès (grand public) : sur YouTube les 5 lip dubs les plus regardés sont à 80% des vidéos étudiantes, exceptés les clips « Know your Meme : One Take« , « PopTube » et un dub d’une chanson de manga (« God knows« ) qui utilisent des extraits de lip dub. Elles ont généré en moyenne 1,35 millions de vues, mais avec un gros écart entre les n°1 et le reste du groupe.
- ses succès (entreprises) : sur YouTube les 5 lip dubs les plus regardés, taggés « entreprise », peinent à générer en moyenne un peu plus de 49.000 vues… Ce n’est pas un record, eut égard à la dimension de YouTube. Et sur les 5 listés, 2 sont encore très empruntes du monde étudiant. Quant à l’une d’elle, elle émane d’une société depuis dans la tourmente (AOL France).
Pour prolonger : relire les notes du blog Viadeo sur la vidéo en entreprises, et sur la communication interne.
Je vous conseille vivement le Lip Dub de TP et Eva Longoria.
http://www.wat.tv/video/lip-dub-tony-parker-eva-longoria-21pk1_cvks_.html
Certes, totalement sans intérêt mais plutôt marrant tellement il est ridicule.
Sinon, personnellement, je n’adhère pas du tout au principe du lip dub en tant qu’outil de promotion, de communication surtout quant il s’agit de politique.;)
En effet, on est plus dans le délire kitsch pour le couple Longoria/Parker : à assumer après dans un CV d’acteur! Hoolywood est cruel pour ce genre de petites rigolades. Le pire est qu’il aura fallu sans doute du monde pour faire ça…
Et en effet (bis), le lip dub politique c’est vraiment too much : l’affaire du lip dub de l’UMP marque un avant et un après. Qui va oser y aller désormais? et pour quel effet estimé, si ce n’est un buzz incontrôlable…
Pingback: L’entreprise, mal vue sur YouTube? | Viadeo Blog
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