Le web est mort… Vive le web !

INTERNET – Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired et gourou du web avec des publications reconnues comme Free: the future of a radical price, vient d’annoncer la mort du web. Un gourou qui fait autorité peut-il se tromper ?  C’est ce que nous allons voir.

Le web peut-il mourir ?

the web is deadCe n’est ni la première, ni la dernière. Les gourous du web nous ont habitué depuis longtemps, à publier des visions définitives de ce que doit (ou pas) être le web. Si possible en version catastrophiste : déjà fin 2009, Tim O’Reilly prévoyait la fin de l’utopie du web 2.0.

En ces temps d’accalmie estivale de pré-rentrée, la polémique revient en surface. Chris Anderson, pape de la high tech devant l’éternel, vient de décréter dans un article faisant immédiatement autorité, ou du moins polémique : le web est mort. Le sujet est à ce point sérieux, qu’il fait depuis lors l’objet d’articles, dans la presse traditionnelle, dans Le Monde, ou Les Inrocks, et a embrasé la blogosphère et twittosphère.

Que dit Chris Anderson ? Simplement que la multiplication des applications et terminaux mobiles, des flux et des réseaux sociaux « hermétiques » signent l’arrêt de mort du web… En précisant : « tel qu’on l’a connu avant ».

Les 7 vies du web

web 2Car c’est bien le problème pointé par les détracteurs d’Anderson : ce chantre de la modernité connectée et pixelisée ne cède t-il pas, à son tour, au phénomène du « vieux-conisme »? Ou, plus prosaïquement, n’a t-il pas cherché à produire la couverture sensationnaliste à tout prix d’avant rentrée? Une fois passée l’analyse sur la forme, reste le fond.

Si je comprends ses arguments, j’aurais plutôt tendance à considérer comme des morts du web :

  • un retour en arrière vers un web 1.0, figé et peu multimédia… Le 2.0, le HTML5 et l’ajax étant désormais synonymes d’un futur du web.
  • un enfermement site-centric de l’internaute… alors que celui-ci peut désormais et se doit d’avoir une  « présence en ligne élargie ».
  • un usage device-centric (un seul terminal) du web… alors que l’internaute est plus que jamais devenu mobile et hyperconnecté et que terminaux et points d’accès au web se multiplient.
  • de lourds développements informatiques… alors que la plupart des technologies sont aujourd’hui distantes « in the clouds ».
  • idem pour l’utilisateur qui devait hier télécharger, installer, paramétrer, stocker… alors que les services web sont aujourd’hui virtuels.


Nouvelle vie du web !

Ce n’est donc pas la mort du web qui est annoncée, mais bien une nouvelle vie. Aujourd’hui, les technologies ont amené des nouveaux usages du web : on se connecte sur les news via nos smartphones parce que la technologie est devenue mobile et simplifiée.

De la formule d’Anderson, il faudrait donc surtout retenir la suite logique : le web est mort… vive le web ! Testons et validons (ou pas) ses nouvelles formes, supports et pratiques. En se disant que, peut être un jour, folie ultime, on inventera un mot différent et plus fort encore qui remplacera le « web »… Un truc qu’on fera à base de télépathie, hologrammes ou shoots cerébro-virtuel. Concepteurs en herbes, à vos plumes!

Lire aussi : Gratuité et rupture sur le prix

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Commentaires

  1. ncmarie dit:

    On appelle web la face « hypertextuelle » d’Internet qui, effectivement, est en perte de vitesse par rapport à d’autres usages (VoIP, streaming, applications mobiles…). Donc Anderson note, légitimement, une évolution.

    Après c’est clair que le titre est très « sensas ».


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