Je me permets une visite de courtoisie exceptionnelle sur le blog Viadeo, après être passé à la conférence tenue à La Cantine, à Paris, sur le thème des « API« . Outre une chaleur suffocante et une belle fréquentation qui ont marqué la soirée, il y avait aussi la rencontre (physique) avec Dominique Wolton, la « guest star » de cet évènement.
Le chercheur du CNRS s’est fait remarquer une fois de plus par son franc parler et son désir d’asticoter les sujets convenus. C’est clair, il marque une certaine distance d’avec le systématisme des réseaux sociaux comme « langue » commune moderne, à haute dose d’anglicismes et d’asservissement technologique. Je l’ai croisé au sortir des débats, pour un entretien spontané en mode debrief… dans un « courant d’air » hors la salle moite.
http://www.dailymotion.com/video/xjl746
Sur le site officiel de son laboratoire, il affiche déjà clairement ce qu’il a martelé durant tout le débat : partant d’un appel à « résister aux flux d’informations« , il considère que « cet océan d’informations nous obligera à créer des règles qui restent à inventer« . Wolton ne croit pas notamment en l’auto-régulation de l’information diffusée sur les réseaux. Ni à l’accès trop sélectionné à l’informatique, via notamment les tags et les préférences.
En mars dernier, Wolton confiait déjà son scepticisme du lien réseau social/entreprise, de par la logique commerciale sous-tendue. Et notamment le fait que, pour lui, une marque ne doit pas entrer trop loin sur le terrain de l’intime, ni se comporter en psychothérapeute.
Hauteur et troisième voie
Outre la manière intellectuelle aérienne et ouverte, on est pas obligé d’adhérer à tous ses arguments; notamment ceux de réseaux sociaux qui serviraient surtout à celles et ceux… qui en ont besoin (comprendre : faute de vie sociale réelle intense). Là c’est un peu court.
Mais je retiens de notre entretien détendu son conseil -sage au demeurant- de savoir prendre de la perspective par rapport à la croyance naïve des réseaux sociaux forcément bénéfiques et des nouvelles technologies dominantes. Dominique Wolton prône avant tout le contact direct de l’humain, dans une perception plus honnête de celui-ci. En même temps, il fait visiblement un choix volontaire de ne pas être utilisateur des réseaux sociaux… Absent de Twitter, Viadeo, LinkedIn, et présent sommairement sur Facebook.
Gageons qu’il peut donc exister une troisième voie : celle de savoir utiliser ce qui n’est finalement qu’un outil de communication parmi d’autres, en le remettant à sa juste place et en sachant s’en détacher quand nécessaire. C’est d’ailleurs son conseil final avant de nous quitter - »hors caméra » !
Pour prolonger : en rebond à l’angle sociétal de cette discussion, je vous pointe les notes que j’ai écrites sur un autre blog, « Epargne 2.0« , concernant la notion du social commerce et de Facebook en (future) banque. Elles illustrent les questions portant sur le développement business des réseaux sociaux, tout aussi nécessaire…

Bien entendu qu’il existe une troisième voie : celle du raisonnable. Dominique Wolton aborde des points capitaux aux fondements mêmes de la communication. Je le rejoins dans une grande majorité des cas, et pourtant je travaille au quotidien sur des stratégies web marketing. La troisième voie consiste à ne pas penser que le site web car les réseaux sociaux sont là. La troisième voie, c’est simplement de tenter des expériences sur le web en fonction des ses besoins, de ses attentes et de ses acquis.
Il faut accepter de ne pas partager le discours euphorisant des prêtres du web. Tout n’est pas génial ! Il y a des flops, il y a des concepts qui n’émergent pas, et il y a quelques belles et rares aventures.
Le web ne remplacera pas tout (papier, rapports humains, …). Il faut juste le penser comme un média supplémentaire et c’est tout.
Absolument. La confrontation des deux « discours » était juste un peu… radicale. Un détail : lors de la conclusion finale de D. Wolton, invitant à prendre de la distance, rester humain, etc. la première question émanant du public a porté sur… un code d’accès pour tester l’API de Viadeo ! Marrant.
Merci Laurent pour avori permis de suivre cette rencontre.
Sur la période 1990-2000, j’étais 100% « Woltonien » dans son approche sur le bienfait des chaînes de TV.
Sur la période qui a suivi, je trouvais disproportionnées ses critiques envers les nouveaux médias.
Aujourd’hui, j’écoute avec grand intérêt son franc parler.
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ah non laurent,
pas toi. ne donne pas la parole à cet @!*^ qui a raté le train de l’internet (« Internet et après ») et déteste de toutes façons tout de qui pourrait être bottom-up (« Eloge du grand plublic »). un type qui voudrait revenir au bon vieux temps de l’ortf n’a pas sa place sur ce blog, encore plus quand sa conception de la communication (« Sauver la communication ») vient de prendre un éclatant entartage avec la fin de l’empire (et des méthodes) murdoch… ni sceptique, ni éclairé. bête et has been. interview plutôt l’intello du duo, qui a bien fait de s’en éloigner, missika!
@julienb : j’agrée au côté « raté le train ». Il n’empêche, Dominique Wolton a le mérite de poser parfois des questions qui bouleversent… même s’il est vrai qu’elles s’apparentent à des questions d’un autre temps (pas si lointain, mais révolu).
Hello julienb. En même temps, il venait en « terra incognita » (@lacantine), répondant à une invitation, sur une conférence. Et il servait en effet, comme dit plus haut, à faire prendre un peu de distance sur le prime abord des choses.
Enfin, je ne crois pas que quiconque n’ait pas le droit de s’exprimer (sur ce blog ou ailleurs) sur les réseaux sociaux, les nouvelles technos… même sans en être un converti, un « agréé/validé » par la « communauté ». Ca nous renvoie à une problématique (« c’est quoi un bon penseur des NTIC ? ») que des comiques grand public ont bien mieux traité que nous à la tv, dans les années 90
@jp: tu es bouleversé par wolton? wtf!
@laurent : je ne dis pas qu’il n’a pas le droit de s’exprimer, je dis qu’il ne faut pas lui donner la parole
et arrêtes avec les convertis, tu sais comme moi que dans peu de temps, ce sont les non connectés qui seront hors du système (si tant est qu’on aura le droit de ne pas être connecté, souviens-toi de l’amende que tu pouvais prendre dans les années 80 si ton téléphone était débranché)
@julienb : pour dire autrement, je n’apprends rien de particulier en l’écoutant tenir des propos d’une autre époque sur les nouveaux médias.
Mais comme j’étais assez fan de son époque « hertzienne », je porte une oreille attentive à certaines de ses questions sur les nouveaux usages sociaux.
Bien que son point de vue soit à charge contre les réseaux sociaux, il peut lui arriver d’aborder parfois un angle intéressant (… mais ce n’est pas du Joël de Rosnay).
En rebond à vos arguments,
@julienb : je ne parle pas de la « connectivité » théorique des utilisateurs (en effet de plus en plus incontournable), mais de leur « assimilation » par le sceau de la communauté des « vrais » utilisateurs. Je me méfie autant des innocents non users, que des ultras, hypes et autres références. Il doit y avoir une voie médiane non ?
@jpg : « propos d’une autre époque », tu y vas fort… c’est juste le reflet d’un problème récurrent, qu’on constate notamment souvent en entreprises, comme tu le sais > beaucoup pérorent et « stratégisent » sur le web et les réseaux sociaux, sans les pratiquer ni même y aller. C’est ça le vrai « ancien monde », peu saisi par pas mal de penseurs et managers.
Je le redis avec plaisir et continuité : le web et le 2.0, ça ne se décrète pas, ça se pratique et s’organise. Ca s’éprouve
@laurent : je suis au fait des problématiques d’entreprise, et des décisions prises par des personnes qui ne sont parfois même pas utilisatrices des nouvelles plateformes.
Tout à fait d’accord avec ton fameux : « le web et le 2.0, ça ne se décrète pas, ça se pratique et s’organise. Ca s’éprouve ! »
Concernant D.Wolton, je trouve justement intéressante sa façon de questionner l’élan optimiste vers les réseaux sociaux, mais je déplore sa prise de position « anti ». Il devrait y avoir un juste milieu…
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