RESEAUX SOCIAUX / ENTREPRISE – Mettre en place un code de bonne conduite ou une charte de réseaux sociaux est aujourd’hui une question centrale pour de nombresues entreprises. Le Baromètre des stratégies RH et des réseaux sociaux, à l’initiative de l’ANDRH et de Novamétrie, s’est intéressé à la connaissance des salariés en la matière. Décryptage.
Alors que les exemples de salariés tenant des propos contre leur entreprise ont été très médiatisés, et que seulement 8% des entreprises disposent aujourd’hui d’une charte dédiée concernant les usages sur les réseaux sociaux, qu’en est-il de la connaissance effective des salariés quant à ce qu’il est autorisé de publier ? Et dans quelle catégorie vous classez-vous ?
Ce que les salariés croient pouvoir dire sur les réseaux sociaux
Le baromètre s’est intéressé à la connaissance des salariés. Il révèle ainsi que :
> 45% des salariés ignorent tout de la législation des réseaux sociaux
> 1/3 avoue un manque de culture numérique sur les réseaux sociaux
Concernant les risques de dérives par les salariés, au niveau de l’image de l’entreprise : :
> pour 8 %, le partage d’informations sur les projets en cours avec les concurrents est autorisé,
> pour 16%, tweeter ses doutes sur un employeur futur lors de la recherche d’un travail est légal,
> pour 19%, critiquer une entreprise ayant mal agi aux yeux d’un collaborateur n’est pas répréhensible
> 13% des salariés parlent négativement de leur entreprise.
Typologie des salariés concernant la législation sur les réseaux sociaux
Pour le baromètre, il existe 3 familles de salariés, selon leur connaissance et pratiques des réseaux sociaux : les légalistes, les apprentis et les indécis.
> Les légalistes (56% de l’échantillon)
Les légalistes rejettent tout type d’action illégale et interdite.
Ils sont présents sur les réseaux sociaux depuis plus d’un an et s’y rendent plusieurs fois par jour.
Les légalistes sont surreprésentés dans l’industrie.
> Les apprentis (24% de l’échantillon)
La majorité des apprentis ignorent ce qu’il est autorisé de communiquer (échanges avec des concurrents sur des projets en cours, critique du management, diffusion d’informations les liant à l’entreprise…).
Peu actifs sur les réseaux professionnels, les apprentis peuvent être décomposés en 4 sous-familles :
- Les twitteurs (7% de l’échantillon)
Pour eux, « twitter ses doutes lors de la recherche de travail sur un futur employeur » est autorisé.
Les twitteurs sont largement représentés dans le secteur des technologies de l’information. - Les critiques (4% de l’échantillon)
Ces salariés estiment qu’il n’est pas interdit de « critiquer une entreprise ayant mal agi à ses yeux ».
Les critiques sont surreprésentés dans le secteur des télécommunications et des médias. - Les frustrés (7% de l’échantillon)
Les frustrés trouvent légal de « critiquer la DRH », « diffuser des informations sur sa mise au placard, » ou « critiquer une entreprise ayant mal agi à ses yeux », mais « échanger avec des concurrents sur des projets en cours » est interdit.
Pas présents sur les réseaux professionnels internes, les frustrés se rendent plusieurs fois par jour sur les réseaux sociaux personnels. - Les illégaux (6% de l’échantillon)
Les illégaux pensent que tout est autorisé, non seulement parler de ce qui se passe dans l’entreprise, mais aussi « d’échanger avec des concurrents sur des projets en cours » sans avoir conscience de franchir les limites de la légalité.
Très actifs sur les réseaux sociaux, les illégaux se rendent plusieurs fois par jour sur les réseaux professionnels externes.
> Les indécis (20% de l’échantillon)
Les indécis sont incertains de leurs connaissances sur la législation concernant les réseaux sociaux.
Surreprésentés dans les entreprises de moins de 5000 salariés ainsi que dans le secteur de la santé, ils débutent sur les réseaux sociaux, avec moins d’un an pour les réseaux professionnels internes et moins de 6 mois pour les réseaux professionnels externes. Très actifs, ils se rendent sur les réseaux sociaux au moins une fois par jour.
Quel accompagnement des salariés ?
On le voit, la méconnaissance de la responsabilité légale des salariés est un facteur de risque pour l’image de l’entreprise (ainsi que pour le salarié tenant les propos).
Quels sont les leviers de l’entreprise pour y remédier ? Le baromètre apporte la réponse de la nécessaire information des collaborateurs, révélant que « les salariés qui ont une bonne culture numérique sont moins nombreux à parler négativement de leur entreprise sur les réseaux sociaux. »
Comment l’entreprise doit-elle former et informer ses salariés ? Sans nécessairement mettre en place une charte interne, les entreprises ont tout intérêt à diffuser rapidement des règles de bonne conduite sur les médias sociaux !
Pour prolonger :
>> Médias sociaux en entreprise : outils d’empowerment ou de surveillance ?
>> Quelle charte sur les médias sociaux ?
>> Jusqu’où peut-on tout dire sur les médias sociaux ?
Bonjour , … en même temps cela présupposerait que 55 % ( les légalistes) disent connaitre la législation sur ce sujet … alors que je suis persuadé que si l’on faisait le même exercice sur le droit du travail on aurait moins de 20 % de sachants parmi les salariés. d’autant que certains éléments avancés pour des actes répréhensibles (du point de vue de l’entreprise ne le sont pas forcément au strict regard du droit ), on peut émettre un avis étayé sur une entreprise même négatif sans tomber ni sous le coup du dénigrement , ni de la diffamation . Là où il risque d’y avoir des choses marrantes à arbitrer au niveau du droit c’est que le lien de subordination prépondérant dans le code du travail est quasi illicite dans une relation de citoyen à citoyen, or on peut imaginer qu’il s’agit d’un devoir citoyen que de dénoncer par tout moyen des actions que l’on juge illicites ou déplacées .. s’il y a des juristes dans la salle vous avez 2 heures
En attendant en effet il est important afin que les entreprises puissent bénéficier du formidable élan que peuvent leur donner leurs salariés en participants activement aux réseaux sociaux sans pour autant se mettre en danger de mettre en place de manière participative une « nettiquette » d’utilisation des media sociaux afin que chacun puisse mesurer sa part de responsabilité dans ses actions quotidiennes et agir en conscience. Si vous ne savez pas par où commencer et que vous avez cette problématique … prenez contact
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Cher Jean-Pierre,
Félicitation pour évoquer avec finesse un sujet aussi crucial pour les entreprises. Après une année de travail sur la charte des réseaux sociaux idéale, nous avons en l’occurence mis en place une telle charte et son adhésion par les collaborateurs au sein du Groupe GINGER et à l’EBS Paris. Je me permets de faire suivre votre post judicieux à mes deux cent mille contacts directs.
Bien à vous
Louis-Serge
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@rostaing: il s’agit d’une enquête auprès d’un panel, qui devait répondre à des questions fermées…
Mon avis est que le groupe des légalistes comprend aussi la catégorie des personnes qui préfèrent s’abstenir.
Pas besoin d’une clause de non confidentialité pour savoir que l’on ne doit pas publier sur les projets en cours, sauf à rechercher des avis ou faire appel à des compétences… ou bien sûr à « buzzer ».
@Louis-Serge : Merci pour votre commentaire. Je me faisais surtout l’intermédiaire pour évoquer ce que Jean-Christophe Sciberras, Président de l’ANDRH, décrit comme le passage de « l’usage privé des réseaux sociaux [à] la sphère professionnelle, créant de fortes attentes chez les salariés, tout particulièrement chez les digital natives. »
La société numérique d’aujourd’hui est contributive, et l’entreprise doit intégrer ces nouveaux dispositifs sociaux. Concernant les chartes, quelques règles de bon sens (confidentialité, sécurité et focus sur le travail que l’on doit faire) sont parfois plus simples à suivre que 50 règles… qui paraissent non importantes, car trop nombreuses. Tout dépend de la structure. L’essentiel étant de faire passer le message.
@Jean-Pierre: excellente motivation!
Selon le cabinet d’avocat mondial et spécialiste de l’e-Réputation (Alain Benssoussan), seuls 14% des salariés seraient aujourd’hui au courant de leurs droits et surtout de leurs pouvoirs de diffamation: Dire de Céline DION qu’elle chante mal est un avis négatif contre lequel on ne peut rien faire en ligne, dire qu’elle chante faux est une attaque contrable dont on pourra prouver le contraire et sévir. Lorsque les salariés vont se réveiller conscient de la ligne jaune à ne pas franchir, ils n’hésiteront plus à mettre en ligne des publications concernant leurs conditions de travail, voire à dénigrer la hiérarchie: messages contre lesquels, sans charte des réseaux sociaux préalable et adoubée, il sera difficile de réagir en termes d’e-réputation. Pour cela nous conseillerons la tactique du « Streisand effect » à l’image de la chanteuse qui pour faire interdire la publication d’une photo de sa propriété n’a en réalité fait que propager sa diffusion à la vitesse lumière par le seul fait d’attaquer la petite revue qui la publiait, tout le monde était au courant et la publication reprise partout.
@Louis-Serge : je plussoie.
Une prise de conscience va nécessairement s’opérer, quant à l’impact et aux conséquences de ce que l’on publie.
Sur le lot des cas médiatisés de dénigrement ou attaques vis-à-vis des entreprises, il ne viendrait pas à l’idée des « dénigreurs » de publier dans un journal ou d’émettre des tracts tenant les mêmes propos et signés de elur nom.
C’est bien à une méconnaissance des « vases communicants » digitaux -entre sphère privée et professionnelle- que l’on assiste actuellement.
On peut aussi se demander si, en libérant la parole, les médias sociaux seraient générateurs de frustration ? (pour les salariés constatant les injustices -avérées ou fictives.)
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