Est-il possible de plaquer son entreprise du jour au lendemain ?

« Au revoir, au revoir président ! », disait la célèbre publicité pour le loto. Mais dans la vraie vie, est-il vraiment possible de tout plaquer comme ça ? Quelles seraient les conséquences ?

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Vous êtes sûr de ce que vous faites ?

Avant de débarquer dans le bureau de votre patron en brandissant vaillamment votre lettre de démission, assurez-vous d’avoir réfléchi mûrement. Votre départ doit résulter d’une volonté qui vous est propre, et non être conséquente à la pression exercée par votre hiérarchie par exemple. Je vous le concède, après un gain mirobolant au loto, votre décision sera sans doute toute faite.
Une fois votre démission posée, impossible de vous rétracter, et votre employeur ne peut la refuser sauf si celle-ci ne respecte pas la loi. Cas particulier si vous l’avez donnée sur un coup de tête (sous le coup de la colère par exemple), vous pourrez alors changer d’avis à condition de le stipuler rapidement à votre patron. Celui-ci sera alors obligé d’en tenir compte et de vous réintégrer.

Concernant la forme, pas d’impératif. Vous pouvez l’annoncer en chantant en toute légalité. Exception faite si la convention de l’entreprise encadre cette procédure, auquel cas vous devrez vous y plier. Par ailleurs, nous ne pouvons que vous conseiller de coucher votre démission sur le papier afin d’éviter tout litige ultérieur. Vous trouverez un exemple de lettre sur le site internet du service public.

Préavis obligatoire… sur le papier

Le code du travail impose cependant un préavis variant entre un et trois mois. Sa durée est presque toujours fixée par la convention collective et figure dans votre contrat de travail. Si vous décidez d’annoncer votre démission en chantant « Au revoir, au revoir président », souvenez-vous que vous devrez affronter le regard de vos compères le lendemain et les jours suivants.
Mais comme beaucoup de points dans un contrat, le préavis peut se négocier. Si l’employeur décide de le raccourcir, il devra alors verser des indemnités compensatrices correspondant au salaire qui aurait dû être touché pendant le préavis. A l’inverse, si le démissionnaire ne respecte pas le contrat, il pourrait être condamné par les tribunaux.

Rappelons au passage qu’il est impossible de démissionner avant la fin d’un CDD, à moins que vous visiez un CDI dans une autre entreprise.

Et le chômage dans tout ça ?

Dans le meilleur des cas, vous dites au revoir à votre patron parce que vous avez effectivement gagné au loto. Mais dans le pire, vous démissionnez pour des raisons personnelles à la suite de quoi vous vous retrouvez sans emploi.
Si l’employeur doit remettre au salarié un certificat de travail, une attestation destinée à Pôle Emploi et un reçu pour solde de tout compte, cela ne garantit pas les droits au chômage. A moins qu’il ne s’agisse d’une démission légitime (changement de résidence, non-paiement des salaires, actes délictueux ayant engendrés une plainte), la rupture volontaire d’un CDI ne donne aucun droit au chômage.

Il est donc tout à fait possible de démissionner du jour au lendemain si l’on tient compte des procédures et des conséquences que cela engendre. Par ailleurs, attention à ne pas tomber dans un cas de « démission abusive » : si votre employeur prouve que vous partez dans le seul but de nuire à l’entreprise, il pourra exiger des indemnités. Le juge enquêtera alors sur les raisons de votre démission et s’attardera sur votre attitude. Pas sûr que votre chant « au revoir, au revoir président » jouera en votre faveur…